Immersion au Cap-Vert : la coopération sud-sud et entre petits États Insulaires pour une transformation numérique de qualité des Comores

14 Mars 2020

Énoncé parmi les  catalyseurs essentiels de l'épanouissement des socles de l'émergence   dans la vision Plan Comores Émergent à l’horizon 2030 (PCE 2030), le numérique est vu comme un secteur contribuant de manière conséquente à l’économie nationale, un levier de croissance pour les autres secteurs et un facteur positif de transformation sociale. 

Lors de la Conférence des Partenaires au Développement ou CPAD  des Comores qui s’est déroulé les 02 et 03 décembre 2019  au siège de la Banque Mondiale à Paris pour mobiliser des fonds nécessaires afin de  mettre en oeuvre le PCE 2030, le gouvernement comorien et les bailleurs dont la Banque mondiale, l’Union Africaine (UA) et la Banque Africaine de Développement (BAD) étaient tous unanimes pour considérer le Numérique au même niveau d’importance que l’énergie. 

Dans la volonté de fournir  au peuple comorien une transformation numérique rapide et efficiente, le gouvernement comorien et ses partenaires ont identifié les pays qui ont réalisé des avancées significatives dans le domaine, et qui ont les solutions adaptées au contexte comorien. 

Ainsi, une délégation gouvernementale composée du Secrétaire d’Etat Chargé de la Fonction publique et de la Modernisation des administrations publiques, Monsieur Soilihi Mohamed Djounaid (Chef de mission), le Secrétaire général du Ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique et de l’information, Monsieur Said Dahalani, le Directeur Général de l’Autorité Nationale de Régulation des Tic (ANRTIC), Monsieur Said Mouinou, le Directeur Général de l’Agence Nationale de Développement du Numérique (ANADEN), Monsieur Chamsoudini Mzaouiyani et l’Assistante technique du projet e-gouvernement au sein du RCIP-4, Madame Nadiata Hamadi était  en mission d’immersion du 08 au 18 février dernier  au Cap-Vert pour s’inspirer du modèle cap-verdien sur la transformation numérique et en particulier sur l’administration numérique (e-Gouv). 

Cette mission a été impulsée par Monsieur Zaky KHOURY, Senior Digital Development Specialist de la Banque mondiale

En tête du peloton en Afrique de l’Ouest à l’E-Goverment Development Index (EGDI) ; une étude effectuée par  le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies qui compare la performance des 193 États membres des Nations Unies en matière de Gouvernement électronique, le Cap-Vert est une référence africaine pour sa réussite en matière de transformation numérique. Il se classe au 4ème rang au niveau du continent africain. Ce palmarès  est l’oeuvre de son agence nationale pour la promotion de la société de l’information (NOSI). 

Le Cap-Vert est donc un choix stratégique qui inscrit dans la stratégie globale de la transformation numérique du gouvernement comorien. Comme l’Union des Comores, le Cap-Vert est un État insulaire composé d’un archipel de dix îles volcaniques avec 544 081 habitants (2018). Le pays est également composé d’une forte diaspora  de 1,7 million de personnes. 

Durant cette mission d'immersion, la délégation a été marquée par la visite d’une école numérique en conteneur ou WEBLAB. Le Weblab est un programme initié par le ministère de l’éducation du pays pour  la formation de jeunes élèves dans les Technologies de l’Information et de la Communication à travers  des coaching opérés dans des conteneurs bien équipés avec un apprentissage souvent effectué par vidéos , Visio et cloud.

Chaque conteneur peut accueillir jusqu'à 12 élèves et un formateur et à ce jour, 40 Weblabs ont été installés dans 40 écoles du cap vert. Grâce à ce programme le taux d’abandon et d’échec scolaire a diminué et a laissé place à une augmentation des retours à l’école. 

Ce concept peut être considéré comme un modèle de réussite en matière de l’éducation grâce au numérique. 

A part le WEBLAB, nous pouvons citer quelques réalisations qui ont contribué à la réussite de la  transformation numérique du Cap-Vert comme l’identifiant unique de citoyen, plus de 100 applications pour l’Etat (dans plusieurs domaines : la santé, la mairie, le budget, les impôts, la prévoyance sociale),  la loi de la modernisation, qui a été adoptée, interdit ainsi aux institutions de demander à un citoyen des informations qu’elle détiendrait déjà, le SIGOV; le Système intégré de la gestion du budget et des finances de l’Etat. Cette application a gagné le prix « African innovation prize », en 2012, etc.